II y était hier. Ou peut-être demain, Je ne sait plus très bien. Je tourne un peu en rond mais seulement pour retrouver mon chemin. Un peu perdue, un peu inquiete, je me retourne mais continue à marcher. J'observe des tas de choses, d'objets ou autres babioles pour affirmer ma curiosité. Plus je progresse, plus je génère de souvenirs. Plus je progresse, moins je pense à mon devenir. Je veut m'affirmer, devenir quelqu'un. Mais chaque fois que je désire changer, je repense au temps ancien. Le temps est amovible s'il est possible de s'exprimer ainsi. J' avance, je progresse, j' accumule. J'ai compris de nombreuses choses au cours de mon parcours : on ne cesse de revivre intérieurement ce que l'on a déjà vécu. Moi, je m'appuie bien trop sur ce que j'ai acquis, sur ce que j'ai fait. Bien sûr que je me voit dans un futur maisje suis ébloui par le poids des souvenirs passés. Les autres appellent cela la nostalgie. J'en revient toujours à une certaine dépendance : celle de ne jamais oublier le passé pour mieux affronter l'instant présent. Un passé composé d'images et de reconnaissance. Les souvenirs sont bienfaisants, la nostalgie un peu moins. A quoi bon s'appuyer sur le temps passé. L'avenir étant bien flou, on préfère se recroqueviller. Mais le temps est amovible, il ne faut jamais l'oublier.